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Peut-on
mener de front une démarche de procréation
médicalement assistée et une démarche
d'adoption ?
Rien ne l’interdit. Cette question sera d’ailleurs abordée au cours de
la procédure d’agrément si l’adoption se fait dans le cadre d’une stérilité.
Mais l’Aide sociale à l’enfance considère, à juste titre, que ces deux
démarches sont d’une logique très différente et qu’il faut avoir commencé
le “ deuil ” de l’enfant biologique pour pouvoir s’ouvrir à l’accueil
d’un enfant déjà existant et forcément différent de celui qui naîtrait de soi.
Quel
délai d'attente pour adopter un enfant ?
Il est impossible d’établir ne serait-ce qu’une moyenne, tant les situations sont
variables, d’un département à un autre, d’un OAA à un autre, d’un pays à l’autre
et parfois soumises à bien des fluctuations au sein d’un même pays. L’expérience
des uns ou des autres parfois couronnée de succès et de rapidité, ne sera pas
forcément la vôtre quelques mois plus tard.
Cependant, on considère qu’il faut attendre, une fois l’agrément acquis,
approximativement, entre deux et cinq ans pour une adoption nationale et de
deux à trois ans pour une adoption internationale.
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Peut-on
adopter un bébé blanc en France?
Chaque année, environ 600 enfants naissant sur notre territoire se trouvent
abandonnés. Ils sont confiés en adoption par les Conseils de familles
après un délai de deux mois (délai de rétractation des parents de naissance)
suivant leur admission comme pupilles de l’État.
Un certain nombre sont “ de couleur ” ou métis. Ils ne sont jamais confiés à
une famille qui exprime son souhait d’adopter exclusivement un enfant de
type européen.
Peut-on
choisir les prénoms de l'enfant ?
Oui. Ceux-ci doivent être choisis et transmis à l’autorité judiciaire avant le jugement
définitif d’adoption.
Certains parents donnent de nouveaux prénoms à leur enfant pour bien le faire
leur, parfois pour gommer l’aspect trop “ exotique ” du prénom existant, qui peut
être difficile à prononcer ou à porter en France. D’autres, notamment quand l’enfant
qui arrive est grand et habitué à son prénom, choisissent de le lui conserver.
Beaucoup, parce qu’il fait partie de son histoire, décident de garder dans ses prénoms
son prénom d’origine sans que celui-ci soit obligatoirement son prénom
usuel. La liberté est importante à cet égard.
L'éducation
d'un enfant adopté pose-t-elle plus de problèmes
que l'éducation d'un enfant biologique ?
Forte de ses cinquante années d’expérience de familles adoptives, Enfance
& Famille d’Adoption constate que les problèmes d’éducation sont à la fois
semblables et différents, mais pas forcément plus nombreux que ceux des
enfants biologiques, surtout si les parents comprennent que l’histoire de leur
enfant a commencé avant son arrivée dans la famille.
Faut-il
dire à un enfant qu'il a été adopté ?
Qu’il entre dans sa famille par la naissance ou par l’adoption, tout enfant a droit
à la vérité sur son histoire. Seule une relation fondée sur le respect,
la confiance et la transparence lui permettront de bien grandir, sans rien nier de
ses origines, mais avec la certitude d’avoir des parents pour la vie. L’enfant doit
savoir qu’il a été abandonné puis adopté et en connaître les raisons. Tous les psychologues le savent : le non-dit sur les origines a des répercussions qui peuvent
être graves lors de la “ révélation ”, qui, le plus souvent, survient brutalement.
Au-delà de cette évidence, pourquoi taire à son enfant qu’on l’a profondément
désiré et attendu, car l’adoption est aussi cela ?
Quelles
difficultés peut-on rencontrer à l'arrivée
de l'enfant ?
Tout enfant, qu’il soit bébé ou déjà “ grand ” et venant de vivre un déplacement,
réagit à sa façon. Certaines manifestations d’inquiétudes, d’angoisses, de stress
peuvent apparaître : sommeil perturbé, refus de s’alimenter ou baisse d’appétit,
pleurs inopinés, agitation, colères, refus de quitter les bras ou au contraire allant dans
tous les bras sans différenciation… Certains parents qui adoptent un enfant déjà grand
sont également confrontés au phénomène de la “ régression ” : l’enfant accueilli
depuis quelques semaines ou quelques mois paraît régresser au stade du bébé
(la manifestation la plus fréquente étant la demande de boire au biberon). Ce sont là
des étapes parfaitement normales qui, dans un premier temps, ne doivent pas inquiéter,
bien au contraire : l’enfant manifeste son besoin de revivre tous les stades de la
petite enfance pour mieux faire “ son nid ” au sein de sa nouvelle famille. Cependant,
si ces manifestations devaient se poursuivre, il conviendrait d’en parler au pédiatre.
Un bilan médical à l’arrivée de l’enfant permet d’évaluer d’éventuelles carences,
parasitologies, infections, etc. et d’y remédier au plus vite.
Un soutien scolaire peut s’avérer nécessaire, notamment pour certains enfants
ne parlant pas le français. Mais là encore, l’expérience le prouve, leur faculté
d’adaptation est extraordinaire.
Cela dit, un pan de l’histoire de l’enfant échappe nécessairement aux parents
adoptifs : ce sont ces mois, ces années passées loin, dans une crèche, un orphelinat,
la famille de naissance ou une famille d’accueil, dans des conditions plus ou moins
difficiles. Les familles adoptives disent qu’il faut recueillir un maximum d’informations
sur cette période de l’avant adoption (rythme de vie, habitudes de sommeil,
habitudes alimentaires, contexte de la vie en collectivité, éléments médicaux…)
afin d’opérer en douceur le passage d’un univers à un autre. Recueil très important
aussi des éléments de “ son ” histoire, sur laquelle l’enfant risque, un jour,
d’interroger ses parents adoptifs.
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