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Le guide de l'AMP

   LES TECHNIQUES D’ASSISTANCE MÉDICALE À LA PROCRÉATION
La fécondation in vitro (FIV)
 

Plus de 300 000 couples dans le monde ont pu obtenir un enfant par cette technique.

Pour réaliser une FIV, le sperme est recueilli et préparé au laboratoire comme pour une insémination artificielle. Le recueil des ovocytes est plus complexe, car il nécessite une ponction des ovaires.

Au laboratoire, les gamètes sont ensuite mis en fécondation, in vitro (dans un récipient), afin de réaliser l’étape de fécondation.

La fécondation in vitro comporte donc plusieurs étapes qu’il faut bien comprendre pour mieux en accepter les contraintes :
- la stimulation ovarienne ;
- le prélèvement des ovocytes ;
- la fécondation in vitro proprement dite ;
- le transfert des embryons dans l’utérus.

 

La stimulation ovarienne

Plus on a d’ovocytes mis en fécondation, plus on a de chances d’obtenir des embryons. La stimulation de l’ovulation favorise la sélection et le développement jusqu’à maturation de plusieurs follicules dans les ovaires de la femme.
Le plus souvent, ce traitement est réalisé en deux phases :
- une phase de blocage ;
- une phase de stimulation.

En effet, pour éviter la survenue d’une ovulation spontanée, et bien contrôler les effets du traitement stimulant prescrit, on injecte d’abord à la femme un produit qui bloque la production des gonadotrophines par l’hypophyse. C’est la phase de blocage. Les dosages d’hormones dans le sang permettent de s’assurer que ce premier résultat a été atteint. Une fois le blocage obtenu, on administre une hormone qui stimule le développement des follicules, la FSH.

La dose de FSH à injecter est variable d’une femme à l’autre et, quelle que soit la posologie prescrite, l’équipe médicale doit suivre de près la réponse ovarienne au traitement. Des dosages répétés d’estradiol dans le sang et des échographies des ovaires sont effectués pour cette évaluation.

Récemment de nouveaux médicaments ont été mis à la disposition des médecins permettant ainsi de proposer d’autres méthodes de stimulation. Le début de la phase de blocage peut être retardé ce qui permet de raccourcir considérablement le cycle de traitement. Le schéma du suivi de réponse de l’ovaire à la stimulation sera le même que celui décrit précédemment.

Lorsque plusieurs follicules d’un diamètre de 15 à 18 mm se sont développés à la surface des ovaires, on peut déclencher l’ovulation. On fait appel pour cela à une autre hormone ayant les effets de la LH (hormone hypophysaire qui provoque l’ovulation). C’est l’hormone gonadotrophine chorionique humaine, désignée habituellement par ses initiales en langue anglaise : hCG. Une injection unique d’hCG suffit à provoquer l’ovulation qui survient dans un délai de 32 à 38 heures.

 

Prélèvement des ovocytes

Le médecin visualise, par échographie, les follicules mûrs qui font saillie à la surface de l’ovaire. Il dirige une aiguille au fond du vagin et traverse la paroi en direction des ovaires. Le contenu des follicules (ovocyte entouré de quelques cellules et le liquide folliculaire) est aspiré. Le prélèvement des ovocytes est réalisé environ 36 heures après injection d’hCG.

La ponction des follicules demande une courte hospitalisation (le plus souvent en « hôpital de jour ») et parfois une anesthésie.



Follicule

A l’aide d’une loupe binoculaire, le biologiste analyse les liquides prélevés. Il compte le nombre de follicules récupérés et les dépose dans un milieu liquide favorable à leur conservation. Le plus souvent, après stimulation ovarienne, on recueille entre 5 et 10 ovocytes, c’est-à-dire beaucoup plus qu’il n’en faut pour une grossesse naturelle. Les ovocytes qui présentent les caractéristiques nécessaires à la mise en fécondation in vitro sont conservés dans l’incubateur à 37 °C jusqu’à l’étape suivante. Cette étape technique est la même, qu’il s’agisse des ovocytes de la conjointe ou d’une donneuse.

 

La fécondation proprement dite

Cette technique est appelée FIV conventionnelle. Le jour même de la ponction des follicules ovariens, le conjoint prélève son sperme, au laboratoire. Il peut également s’agir d’un sperme préalablement congelé ou du sperme d’un donneur délivré par une banque de sperme (CECOS). Quelle que soit son origine, le sperme est traité pour sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles qui sont a priori les plus fécondants. Puis ovocytes et spermatozoïdes sont placés dans un milieu de culture favorable à leur survie et mis dans l’incubateur à 37 °C. C’est l’étape de mise en fécondation in vitro.

 
Ovocyte fécondé (zygote)
à 24 heures

Au bout de 24 heures d’incubation, le biologiste regarde au microscope si la fécondation a eu lieu. Les cellules folliculaires entourant l’ovocyte sont éliminées. L’ovocyte fécondé se présente alors sous forme d’une cellule à deux noyaux, l’un d’origine paternelle, l’autre d’origine maternelle. Ce stade essentiel est désigné « stade des 2 pro-nucléi » ou 2 PN.

Après 48 heures d’incubation l’aspect de l’oeuf fécondé a déjà évolué. Il est constitué de plusieurs cellules et entouré d’une enveloppe appelée zone ou membrane pellucide. C’est déjà un embryon que l’on peut transférer dans l’utérus maternel.

L’endomètre (revêtement interne de l’utérus) s’est préparé pour recevoir un éventuel embryon. Il a, lui aussi, bénéficié de la stimulation par la FSH administrée lors de la stimulation et de la sécrétion d’estrogènes et de progestérone par l’ovaire.

Si le nombre d’embryons obtenu est supérieur au nombre d’embryons que l’on souhaite transférer, la loi autorise la congélation des embryons surnuméraires en vue d’un transfert différé.

Si l’on sait conserver ainsi par congélation les embryons (et les spermatozoïdes), on n’a pas encore mis au point de technique satisfaisante pour la conservation des ovocytes ponctionnés.


Embryon 2 cellules
   
Embryon 4 cellules
à 48 heures

Embryon 8 cellules
à 72 heures
 

Le transfert des embryons dans l'utérus

La technique du transfert est très semblable à celle de l’insémination artificielle intra-utérine (IIU, voir p. 13). Il s’agit là aussi d’une intervention indolore qui ne nécessite ni anesthésie ni hospitalisation.

Les embryons baignant dans une goutte de milieu de culture sont aspirés à l’aide d’un fin tube souple et introduits par le canal cervical jusque dans l’utérus où ils sont déposés : c’est le transfert embryonnaire.

 
 

Après ce transfert, environ 12 jours sont nécessaires pour avoir l’assurance qu’une grossesse se développe. C’est en effet le temps nécessaire pour qu’apparaisse dans le sang, à concentration suffisante, la béta hCG, l’hormone sécrétée par l’embryon qui prouve la grossesse.

Pour faire le diagnostic de grossesse :

Si le taux de βhCG est nettement supérieur à 50 mUI/ml après 10 jours, c’est le signe d’un début de grossesse. Il convient de répéter le dosage 48 heures après, pour vérifier que le taux de βhCG augmente (dans une grossesse évolutive débutante, ce taux double toutes les 48 heures).

Si le taux de βhCG est inférieur à 50 mUI/ml : il peut s’agir d’un taux résiduel d’hormones lié à la stimulation. Il convient de refaire un dosage de contrôle 48 heures plus tard afin de vérifier si le taux augmente ou au contraire diminue.

Il faut prévoir une première échographie à la quatrième ou cinquième semaine après le transfert des embryons. Elle permet de savoir combien d’embryons sont implantés, et si l’on observe déjà des contractions cardiaques qui constituent un signe de vitalité de l’embryon.

S’il s’agit du transfert d’embryons qui ont été préalablement congelés, l’étape de transfert est identique. Le biologiste décongèlera les embryons la veille ou le jour du transfert, selon des procédures spécifiques. Les embryons présentant les caractéristiques nécessaires après décongélation sont transférés selon la même technique que celle utilisée pour les embryons non congelés. Le taux de succès après transfert d’embryons congelés est légèrement inférieur.

Cependant cette technique reste intéressante, car elle permet d’augmenter le nombre de transferts (et donc les chances de grossesse) à partir d’une seule ponction.

 

Si vous ne comprenez pas un terme technique, consultez le glossaire.